" Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire,
j'ai la certitude d'être encore heureux "
(Jules Renard)

Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 17:27

     Croc-Blanc est le premier "vrai" livre que j'ai lu. Il est resté de fait mon préféré, mon chouchou en quelque sorte. J'ai dû le lire et le relire une bonne dizaine de fois depuis ! Je trouve l'histoire magnifique. La beauté du Grand Nord est si bien racontée par Jack London... Et l'histoire de l'amitié loyale entre cet homme et ce loup me bouleverse encore aujourd'hui.




























Par Nadège - Publié dans : Mes bouquins préférés
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 17:20

Les mains d'Elsa

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé 
Lorsque je les prends à mon propre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fuit de partout dans mes mains à moi 
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli 
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots 
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu 
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

                                        in Le Fou d'Elsa (1963)

Par Nadège - Publié dans : Poésie
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 17:17

Elsa au miroir

C'était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or Je croyais voir
Ses patientes mains calmer un incendie
C'était au beau milieu de notre tragédie

Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
C'était au beau milieu de notre tragédie
Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir

Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
À ranimer les fleurs sans fin de l'incendie
Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit

Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C'était au beau milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire

C'était un beau milieu de notre tragédie
Comme dans la semaine est assis le jeudi

Et pendant un long jour assise à sa mémoire
Elle voyait au loin mourir dans son miroir

Un à un les acteurs de notre tragédie
Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit

Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits
Et ce que signifient les flammes des longs soirs

Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir
Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie

                                          in La Diane française (1945)

Par Nadège
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 17:08
Madrigal

Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rester, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit ;

Si c'est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi-même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit ;

Si c'est aimer de vivre en vous plus qu'en moi-même,
Cacher d'un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite,

Honteux ; parlant à vous, de confesser mon mal ;
Si cela c'est aimer, furieux je vous aime.
Je vous aime et sais bien que mon mal est fatal,
Le coeur le dit assez mais la langue est muette.

                                 in Sonnets pour Hélène I (1578)

Par Nadège - Publié dans : Poésie
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 17:01
Le son du cor s'afflige vers les bois
D'une douleur on veut croire orpheline
Qui vient mourir au bas de la colline
Parmi la brise errant en cours abois

L'âme du loup pleure dans cette voix
Qui monte avec le soleil qui décline
D'une agonie on veut croire câline
Et qui ravit et qui navre à la fois

Pour faire mieux cette plainte assoupie,
La neige tombe à longs traits de charpie
A travers le couchant sanguinolent,

Et l'air à l'air d'être un soupir d'automne
Tant il fait doux par ce soir monotone
Où se dorlote un paysage lent. 


                                               in Sagesse (1880)
Par Nadège
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